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Batman Arkham : meilleurs jeux de super héros ?

17 décembre 2015 - Non classé

Pour ceux qui auraient loupé un épisode, le studio Rocksteady adapte depuis 2009 la franchise Batman en jeux vidéo. Optant pour une interprétation plus noire que ce qui avait été fait précédemment, plus proche de Frank Miller, Alan Moore et Christopher Nolan, les titres valent vraiment le détour. Quelle est donc la recette du succès qui a fait de cette série l’une des meilleurs du genre ? C’est ce que nous allons voir.

Le Principe

L’alliance entre Rocksteady et Warner Bros. Interactive nous a offert une trilogie composée de Batman : Akham Asylum, Batman : Arkham City et Batman : Arkham Knight. Ces trois jeux dépeignent le portrait de la ville de Gotham, laissant peu à peu littéralement place à la folie et crime. Le tout a même été entrecoupé d’un Batman Arkham Origins relativement moyen et hors sujet totalement géré par la prod’ Warner. La saga commence avec les malades qui prennent le contrôle et s’échappent de l’asile. Rapidement, ils prennent le contrôle d’une portion de la ville, qui leur est d’ailleurs assez vite cédée par les forces de l’ordre pour contenir la menace dans une zone délimitée. Si l’on pouvait croire que City serait la fin, Batman mettant un terme à une partie du complot, c’est parce qu’on n’avait pas envisagé la machination qui se tramait derrière, entre meurtres, armée de l’ombre et némésis secret.

Batman Arkham Asylum

Une aura unique

Lorsque l’idée de mettre le joueur dans la peau d’un super-héros a effleuré l’esprit de Rocksteady, elle a vite été abandonnée au profite d’un « devenez la chauve-souris ». Quiconque a joué aux titres en questions le sait, une fois le pad en main, vous l’êtes. Le combat au corps à corps a été totalement réinventé avec le jeu, et plusieurs éléments de gameplay ingénieusement imaginés vous transforment tour à tour en détective, guerrier et génie tactique se défaisant de nombreux boss techniquement trop forts pour lui. Entre le masque, la cape et la voix rauque, il s’agissait de l’expérience le plus proche possible permettant de véhiculer la sensation d’être un vrai héros qui n’ait jamais été créée.

Pourquoi cette série excelle

A l’exception de tout ce qui a été cité précédemment, développons un peu l’idée. Si l’on fait une petite rétrospective, on constate déjà qu’à l’exception Batman Returns ou The Adventures of Batman and Robin, il n’y a pas vraiment eu de jeu Batman mémorable. On pouvait d’ailleurs croire le personnage mort et enterré dans l’univers du jeu vidéo suite à la sortie du titre Batman Begins pourtant adapté d’un excellent film. L’ironie, c’est que c’est dans un premier temps LEGO qui fera ressortir Batman du trou en 2008 avec un ton humoristique avant qu’Asylum ne pointe son nez en 2009 pour remettre les pendules à l’heure.

Si l’on ne peut retirer leur mérite aux jeux de la marque LEGO, nous les mettrons volontairement de côté ici pour leur côté publicitaire et leur traitement tout particulier des sagas auxquelles ils s’attaquent. Le dernier soft en date qui avait tenté de traiter les aventures de l’homme chauve-souris de manière adulte datait donc de quatre ans avant la sortie d’Arkham Asylum. Inutile de dire que les gens ne savaient pas à quoi s’attendre avec Rocksteady qui n’avait qu’un seul jeu à son actif à l’époque sous le nom d’Urban Chaos : Riot Response. Il y avait déjà de quoi surprendre.
La première démo du Batman de Rocksteady laissait d’ailleurs entrevoir certaines choses sans être très explicite pour autant. On y marchait tranquillement dans les couloirs de l’asile, enchainant plusieurs conversations et escortant le Joker jusqu’à son internement suite à sa capture. Il s’agissait là tout simplement du vrai début du jeu, mais si l’action n’était pas vraiment au rendez-vous, le mystère qui entoure un bon DC Comics se faisait déjà sentir.

Dès le premier combat mené contre un groupe de malfrats, on savait déjà que l’on vivait une expérience particulière. Chaque aspect du jeu qui se présentait peu à peu à nous introduisait une nouvelle part de Batman au soft. Qu’il s’agisse du casting, des méthodes d’approche et de combat ou encore de la peur qu’inflige le personnage à ses adversaires, tout y était. L’intelligence du jeu tenait d’ailleurs dans cette capacité qu’on y trouvait à instaurer un à un chacun de ces éléments et à les rendre crédibles.

Batman Arkham City

Si le premier opus n’était pas suffisant, le second ne manquait pas de marquer les esprits à son tour. Sans réinventer la roue, le studio de développement y améliore chaque aspect du gameplay, allant même jusqu’à la fameuse Batmobile. Les contrôles et la navigation s’en retrouvent facilités, et il y a encore plus de criminels à appréhender. Ce second chapitre testait d’ailleurs Batman (et donc par extension le joueur) de manière bien plus significative. Il se terminait d’ailleurs sur une scène visant à mettre le héros face à l’un de ses démons : sauver tout le monde est tout bonnement impossible. Une leçon difficile à avaler, et quand un jeu vous fait vraiment ressentir ce que son personnage ressent lui-même, c’est qu’il réussit son pari.
Le dernier chapitre ne démérite aucunement. Augmentant à nouveau l’étendue du complot ainsi que les personnages jouables, il n’aura pas manqué de hyper et satisfaire tous les fans de la Bat Family. Aspirant tout bonnement le joueur dans l’intrigue, il vous fait ressentir une réelle pression et vous plonge plus que jamais dans un univers noir et froid. L’adrénaline est toujours présente et les sensations de gameplay toujours aussi finement ciselées, bref, une conclusion idéale.

Difficile de passer sous silence l’incroyable cast qui se cache derrière la série. En remettant sur le devant de la scène des vétérans de l’époque Animated Series comme Paul Dini, Kevin Conroy, Mark Hamill et Tara Strong les développeurs ont mis la plupart des fans à l’aise tout de suite. Rajouter Troy Baker par la suite a également été un choix judicieux. Du côté du doublage français, c’est le nouveau venu Adrien Antoine qui campe Batman et remplace le célèbre Richard Darbois avec brio. Pierre Hatet garde de son côté le rôle du Joker, fort de sa voix si particulière qui donne tout son charme au personnage. Si certaines personnes ne s’arrêtent pas trop sur ce genre de détails, il est pourtant très important de souligner l’incroyable performance d’acting qui est réalisée ici. C’est ce qui contribue notamment à véhiculer des sensations au joueur et à rendre l’expérience meilleure. C’est dans les détails que l’on trouve parfois les meilleures choses.

Conclusion

Arkham Asylum explore le monde de Gotham du point de vue de Batman. Arkham City fait prendre conscience au personnage que les limites doivent être repoussées et qu’il faut parfois se reposer sur les autres pour mieux lutter. Arkham Knight met notre héros face à ses démons et explore sa part d’inconnu. Rares ont été les jeux à explorer avec autant d’efficacité un personnage, et à lui rendre vraiment hommage. Il n’est jamais facile de s’attaquer à un personnage vieux de trois générations. Il convient donc de saluer la performance, parce que la série de Rocksteady tire le meilleur et le plus noir du héros pour le porter à l’écran. Une prouesse, et incontestablement, les meilleurs jeux de super héros à l’heure actuelle.